De croiser Tai-Luc, jeune Géronimo en 79, a assurément changé de manière définitive, le sens de la vie des toutes premières recrues
du “Détachement Féminin Rouge” à l'origine de(s) Clandestines.

TAI-LUC, JUKEBOX, par Fred Delforge

Chronique publiée pour la première fois en Janvier 2008 dans Zicazic reproduite avec l’aimable autorisation de l’auteur.
http://www.zicazic.com/zicazine/index.php?option=content&task=view&id=5040&Itemid=2

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 Frontman historique de La Souris Déglinguée qu’il pilote depuis près de vingt ans avec quelques jolis faits d’armes à son actif dans le milieu underground, Tai-Luc est un chanteur et guitariste qui a construit sa réputation sur scène et qui a toujours eu à cœur de mélanger les genres, les racines punk et oi! de ses premiers ébats se voyant petit à petit métissées d’influences asiatiques venues de son père Vietnamien et d’apports empruntés au dub ou même au rap…

A l’heure où la cinquantaine le rejoint, ce rescapé des années alternatives s’offre enfin un premier album solo et le présente en forme d’hommage à ses jeunes années et aux premières cassettes qui tournaient dans le magnéto, piochant dans une discographie volontairement éclectique et très caractéristique de ce qu’il a écouté depuis sa prime enfance, en profitant pour réenregistrer le tout en vieux loup solitaire qu’il est et même pour nous offrir un inédit issu de sa plume … Dépaysement total assuré !

On ne l’avait sans doute jamais autant vu se disperser mais cet éparpillement volontaire auquel nous convie Tai Luc nous offre une telle vision du monde qu’il serait stupide de ne pas se laisser emporter tant un tour du propriétaire est à la fois réjouissant et bien représentatif de tout ce qui a pu inciter l’artiste à créer et à sans cesse innover dans le domaine musical ! On se reprend bien entendu en pleine face l’apprentissage immodéré des œuvres d’un certain Lou Reed et de son Velvet Underground que le guitariste nous ressort à cinq reprises, arrangeant à sa manière de claps et de bruitages des Run Run Run, Femme fatale et autres Perfect Day mais ne manquant pas également de revisiter la culture populaire française en ressortant Le temps des cerises, La fille de Londres ou Julie la Rousse et en s’offrant même un bref instrumental flamencoïde sur le thème de La Bohème. Complété par deux morceaux empruntés à Hank Williams dont un I Saw The Light auquel vient se joindre sur le final le traditionnel birman Thoo Thun Thing Bee Laa et par des reprises de Johnny Horton, Al Dexter ou Johnny Smith, Juke Box marque une étape dans la vie de Tai Luc, pas forcément la fin d’une époque mais tout au moins une pause pour lui permettre de se retourner sur tout ce qu’il a vécu et offrir une chanson à son grand-père, « Tu voulais », dans laquelle il dresse un premier bilan sur un ton qui lui va si bien. So long …